Une nécessité absolue

Après l’opération, la rééducation est indispensable pour progresser. Pour tout individu, après l’inactivité des nerfs et des muscles, il est difficile d’en retrouver la mobilité. Après une lésion, une longue et rigoureuse rééducation est nécessaire. S’agissant d’une lésion sur le système nerveux central, la moelle épinière, qui se situe au plus loin de toute terminaison nerveuse, la progression est encore plus laborieuse.

De plus cette rééducation nécessite d’être suivie médicalement, car l’organisme d’un blessé médullaire est fragilisé.

L’absence de rééducation efficace en Ukraine est due au manque de finances dans le pays. L’Ukraine est devenue, après la Moldavie, le deuxième pays le plus pauvre d’Europe.

Il y a très peu de financement concernant la prise en charge des soins, voire pas du tout. Le suivi en séance de kinésithérapie est rare, voire inexistant. Il n’y pas ou peu de matériel. Or, dans une rééducation, l’accompagnement d’un kinésithérapeute est un atout médical essentiel, mais aussi un stimulant mental motivant. La situation économique en Ukraine fait que les soins médicaux sont relégués au second plan. Ajouter à cela les difficultés de mobilité : le manque de fauteuils, de chemins carrossables, d’accessibilité… Tout cela fait que la situation physique et morale d’un paraplégique est très difficile. Ne parlons pas alors de celle d’un tétraplégique!

Ces manques en rééducation empêchent l’évolution de la personne qui doit se prendre en charge toute seule. Les progrès sont très lents, très peu visibles, et dès lors que le patient est livré à lui-même, la motivation s’atténue au risque de disparaître.